Mercredi 19 novembre 2008
3
19
/11
/Nov
/2008
16:47
Il n'y a pas de solitude plus intense qu'au milieu de la foule. Réfugié dans mon silence comme dans un carcan, à la fois armure et prison. Spectateur invisible dans la multitude bruyante, enfermé
dans une bulle d'anonymat. Fragile. Les éclats de voix me blessent. Leur densité m'opresse. Agoraphobie soudaine. Une envie brusque et impérieuse de les voir disparaître et me laisser redevenir
substance. Redevenir existence.
Echappée
Le silence est un vide qui m'enveloppe et me réchauffe. La seule compagnie que je tolère est cette goutte d'eau tétue, fuite obstinée qui résonne dans un coin du néant. J'existe intensément dans cette absence de tout. Pour lutter contre l'absorption de mon être par l'Autre multiple, je m'éclipse dans le non-être. Quelques secondes de répit.
Retour
Enfin, la foule remuante et bruyante se disperse. Le silence reprend ses droits et les atomes mouvants de leur présence se dissolvent. Les particules de mon être s'engouffrent dans la place laissée par leur départ et me recomposent. Deux, trois retardataires peuplent toujours l'espace. Invisble encore, je n'ose bouger car la foule ne me couvre plus de sa multitude. Sûr qu'au premier mouvement le silence va se faire, brutal et abrupt, me livrant sans défense à la ré-existence.
Echappée
Le silence est un vide qui m'enveloppe et me réchauffe. La seule compagnie que je tolère est cette goutte d'eau tétue, fuite obstinée qui résonne dans un coin du néant. J'existe intensément dans cette absence de tout. Pour lutter contre l'absorption de mon être par l'Autre multiple, je m'éclipse dans le non-être. Quelques secondes de répit.
Retour
Enfin, la foule remuante et bruyante se disperse. Le silence reprend ses droits et les atomes mouvants de leur présence se dissolvent. Les particules de mon être s'engouffrent dans la place laissée par leur départ et me recomposent. Deux, trois retardataires peuplent toujours l'espace. Invisble encore, je n'ose bouger car la foule ne me couvre plus de sa multitude. Sûr qu'au premier mouvement le silence va se faire, brutal et abrupt, me livrant sans défense à la ré-existence.